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Trois
nouveaux projets de recherche ont démarré grâce
aux subventions de recherche de la SHC
Au
printemps, la Société Huntington du Canada a remis
trois subventions de recherche dans le cadre du programme NAVIGATOR,
pour un total de 75 000 $. Ces subventions financent des projets
qui visent à élargir nos connaissances sur les répétitions
du triplet CAG, sur la protéine huntingtine et sur les problèmes
de mémoire chez les personnes atteintes de la MH.
NAVIGATOR
est le principal programme de recherche de la Société,
qui finance la plupart des projets. L'objectif du programme de recherche
de la Coalition NAVIGATOR est de financer les projets de recherche
prometteurs sur la maladie de Huntington au Canada, dans divers
domaines de recherche. Toutes les demandes de financement faites
à ce programme sont revues par les membres du Conseil de
recherche de la Société, qui font parfois appel à
des réviseurs externes. Les demandes sont jugées selon
leur mérite scientifique et selon leur contribution à
l'approfondissement des connaissances sur la maladie de Huntington.
Les
formulaires de demande de recherche ont été distribués
à tous les établissements de recherche au Canada.
Trois projets ont été recommandés pour financement
de la part du Conseil de recherche.
Dr
Susan Andrew, université de l'Alberta
Le rôle de FEN1 dans la stabilité des répétitions
du triplet CAG sous-jacentes à la maladie de Huntington
La
maladie de Huntington (MH) est causée par un nombre anormal
de répétitions du triplet CAG dans l'ADN, appelé
expansion trinucléotide. Le Dr Susan Andrew essaie de découvrir
les mécanismes génétiques qui provoquent cette
expansion.
Le
Dr Andrew centre sa recherche sur une enzyme appelée flap
endonuclease ou FEN1. Lorsque le nouvel ADN se forme, la FEN1 coupe
les branches additionnelles d'ADN. Le travail de cette enzyme est
important car les lambeaux d'ADN qui ne sont pas coupés peuvent
engendrer de nouvelles copies d'ADN, peut être sous forme
de répétitions trinucléotides. Par exemple,
la levure dépourvue de FEN1 présente une expansion
de l'ADN plus élevée que dans d'autres levures et
les répétitions trinucléotides y sont plus
fréquentes. Chez la souris, les cellules dépourvues
de FEN1 meurent.
Le
Dr Andrew croit que le fonctionnement de la FEN1 chez les personnes
atteintes de la MH serait défectueux. Afin de mettre cette
idée à l'épreuve, elle examinera des souris
possédant seulement la moitié du nombre normal de
gènes FEN1 afin de voir s'il existe un lien avec un nombre
élevé de répétitions du triplet CAG.
Elle accouplera ces souris avec des souris ayant le gène
de la MH. Ensuite, elle comparera les souris MH qui possèdent
un nombre normal de gènes FEN1 avec les souris MH qui possèdent
la moitié de ce nombre, en vue de trouver des répétitions
du triplet CAG dans les cellules du cerveau, du foie, du sperme
et des oeufs. Elle continuera d'accoupler les souris entre elles
pour voir si l'expansion CAG se présente dans les générations
suivantes.
Les
résultats de cette recherche devront nous permettre de comprendre
les causes de la présence d'un nombre élevé
de répétitions trinucléotides dans les troubles
neurodégénératifs touchant les sujets humains
et de suggérer les moyens de les traiter.
Dr Ray Truant, université McMaster
Co-visualisation de la huntingtine et des protéines connexes
dans les cellules striatales vivantes
Nous
savons que le gène de la MH produit une forme mutante de
la protéine huntingtine. Nous savons que cette protéine
anormale se fait diviser en deux fragments et que certains de ces
fragments se regroupent en agrégats protéiques dans
le nucléus de la cellule. Nous croyons que ce processus joue
un rôle dans la destruction de certaines cellules du cerveau
mais n'en connaissons pas exactement le mécanisme. Si seulement
nous pouvions voir la huntingtine mutante à l'action dans
une cellule vivante du cerveau! C'est ce que propose de faire le
Dr Ray Truant.
Le
Dr Truant a réussi à marquer la huntingtine à
l'aide de particules luminescentes de protéines provenant
de méduses afin de les observer dans des cellules vivantes
du cerveau au moyen d'un microscope sophistiqué contrôlé
par un ordinateur. Ainsi, il a pu constater la formation de la huntingtine
mutante, la constitution d'agrégats protéiques et
la mort des cellules, le tout dans l'espace de 24 heures.
Le
Dr Truant veut comprendre comment et pourquoi les fragments de la
huntingtine mutante s'accumulent dans le nucléus de certaines
cérébrales, menant à la mort de certaines seulement
de ces cellules. En utilisant les marqueurs luminescents, il envisage
d'étudier la façon dont la huntingtine entre dans
le nucléus. Il envisage également de marquer la mitochondrie,
soit le centre d'énergie de la cellule, et constater son
comportement durant ce processus, puisque le fonctionnement de la
mitochondrie est affecté par la MH.
Ce
travail peut mener à de nouvelles cibles pour les traitements
qui pourraient aider la huntingtine normale à fonctionner
ou empêcher la huntingtine mutante de le faire.
Dr Martin Lepage, Université McGill
Remémoration et dysfonctionnement fronto- striatal en présence
de la maladie de Huntingon : une édute IRMF
La
perte de mémoire est l'un des nombreux symptômes de
la MH. Les personnes atteintes de la MH n'accèdent pas facilement
aux données stockées dans leur cerveau, ce qui peut
affecter négativement le rendement au travail et l'interaction
sociale. Nous savons que les souvenirs existent, car les personnes
atteintes de la MH ont de bons résultats sur les tests de
reconnaissance. Toutefois, ils ont de la difficulté à
rappeler l'information quand ils en ont besoin.
Les
recherches antérieures ont montré que les régions
pré-frontales et sous-corticales du cerveau sont responsables
de la remémoration. Le Dr Lepage espère découvrir
si ce sont bien ces régions qui ne fonctionnement pas adéquatement
lorsque la personne atteinte de la MH essaie d'accéder à
ses souvenirs.
Le
Dr Lepage envisage de comparer 15 personnes saines et 15 personnes
atteintes de la MH. Il utilisera une machine d'imagerie par résonance
magnétique puissante afin de voir quelles régions
du cerveau réagissent (ou ne réagissent pas) lorsque
le sujet effectue des tests de reconnaissance et de remémoration.
En cernant les structures spécifiques dans le cerveau qui
sont responsables de la défaillance de la mémoire
en présence de la maladie de Huntington, le Dr Lepage améliorera
notre compréhension des symptômes cognitifs de la maladie
et fournira aux chercheurs des mesures adéquates de la gravité
de l'atteinte. Au fur et à mesure que de nouveaux médicaments
sont mis au point afin de protéger le cerveau contre les
ravages de la MH, les chercheurs peuvent utiliser ces mesures pour
évaluer le degré de réussite du traitement.
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