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Des
chercheurs de Stanford font de nouvelles découvertes sur
le traitement de la maladie de Huntington
Les
chercheurs du Stanford University Medical Center ont découvert
ce qui pourra être un traitement possible de la maladie de
Huntington. En améliorant la réaction naturelle du
cerveau à se protéger contre la maladie, les chercheurs
ont réussi à réduire les tremblements incontrôlables
et à prolonger la vie de souris porteuses du gène
de la MH. Leur découverte suggère quune stratégie
thérapeutique similaire pourrait être efficace chez
les humains.
«Les
résultats sont encourageants vu les possibilités thérapeutiques»,
a déclaré Lawrence Steinman, MD, professeur de neurologie
et de pédiatrie, et principal auteur de létude
qui a été publiée dans le numéro de
février 2002 de Nature Medicine.
Dans
cette étude, les chercheurs ont injecté les souris
MH dun composé appelé cystamine. Ils sattendaient
à ce que le composé ait un effet direct sur le processus
de développement des agrégats protéiques toxiques
dans le cerveau. On sait que les agrégats accélèrent
la destruction des cellules cérébrales et jouent un
rôle essentiel dans la progression de la maladie. Cependant,
au lieu du résultat escompté, les chercheurs se sont
trouvés face à une réaction complètement
inattendue.
La
cystamine na eu aucun effet sur le développement des
agrégats protéiques. Plutôt, létude
a montré que les souris traitées à la cystamine
présentaient un niveau plus élevé de trois
gènes particulièrement intéressants, tous connus
pour produire des protéines qui jouent un rôle dans
la protection du cerveau. Des niveaux élevés de ces
même protéines, appelées «protéines
neuroprotectrices», se retrouvent dans le cerveau de patients
atteints de la maladie de Huntington. Ces résultats suggèrent
que le cerveau effectue des tentatives infructueuses de se protéger
contre la maladie de Huntington.
Selon
le Dr Steinman, «il semble que, attaqué, le cerveau
dispose dun nombre de mécanismes pour absorber les
protéines toxiques, les canaliser dans les compartiments
digestifs et les évacuer des neurones. Ainsi, les neurones
peuvent survivre, ce qui est une bonne nouvelle vu que le cerveau
des mammifères est lent à régénérer
les neurones.»
Cette
étude suggère quen présence de la maladie
de Huntington les cellules affectées du cerveau sécrètent
certaines protéines afin de se protéger contre les
effets de la MH. Laction de ces protéines, appelées
«protéines neuroprotectrices», ressemble à
celle dun videur dans un bar. Dabord, elles sattachent
aux protéines huntingtines toxiques. Ensuite, elles les sortent
du noyau des cellules cérébrales (centre de contrôle
des cellules) et les déposent dans le cytoplasme. Enfin,
elles les emmènent dans une partie de la cellule où
les enzymes sattaquent aux huntingtines et les détruisent.
Cependant, laccumulation de la huntingtine atteint un tel
niveau que même les protéines neuroprotectrices ne
peuvent plus arrêter le processus de destruction des cellules
cérébrales. Elles ne réussissent quà
le ralentir.
En
utilisant la cystamine, le Dr Steinman et son équipe ont
renforcé la défense naturelle du cerveau ce qui a
produit un effet positif chez les souris.
Le
fait que la cystamine puisse un jour offrir de lespoir aux
patients atteints de la maladie de Huntington nempêche
pas la recherche continue de composés qui pourraient être
meilleurs. «Depuis quelques années, dautres composés
ont été testés sur des modèles de souris
MH», a dit le Dr Steinman. «Peut-être quune
combinaison de plusieurs traitements donnerait-elle un meilleur
résultat.»
Le
Dr Marcela Karpuj, premier auteur de létude, est optimiste
quant aux résultats. «Je pense que cest très
encourageant», dit-elle. «À lavenir, des
traitements visant à augmenter le niveau des protéines
neuroprotectrices peuvent être administrés aux patients
atteints de la MH et même à ceux atteints dautres
maladies.»
SM/Office
of News and Public Affairs, Stanford University, California
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