Forum
sur la science et la recherche
Par Shawn Mitchell, directeur, Communication et développement
du bénévolat
Lors de son Congrès annuel qui s'est déroulé
à Niagara Falls, la Société a eu la chance d'accueillir
trois conférenciers renommés dans la recherche sur la
maladie de Huntington : le Dr Eileen Denovan-Wright, le Dr Ray Truant
et le Dr Marcy MacDonald. Voici un sommaire de leurs présentations
respectives.
Le
Dr Denovan-Wright a donné un excellent aperçu du programme
de recherche de la Société, notamment les facteurs
clés de sa réussite continue. Elle a souligné
la qualité du Conseil de la recherche de la Société,
qui est composé non seulement des principaux chercheurs dans
le domaine au Canada mais également de chercheurs de l'extérieur
(comme le Dr Gillian Bates du Guy's Hospital de Londres en Angleterre)
et du secteur privé (comme le Dr Sophie Roy, du centre de
recherches thérapeutiques chez Merck Frosst).
L'auditoire
était particulièrement intéressé par
les commentaires du Dr Denovan-Wright sur l'affectation des fonds
de recherche par la Société. En effet, le Dr Denovan-Wright
a mis l'accent sur deux volets essentiels du programme NAVIGATOR.
D'abord, elle a fait remarquer que la Société finance
aussi bien la recherche clinique que la recherche fondamentale,
assurant ainsi un équilibre entre les besoins scientifiques
et les besoins des patients.
Le
second volet portait sur la division des fonds entre nombreux chercheurs
et laboratoires. 'À long terme, il est plus rentable d'investir
de petits montants dans une multitude de projets plutôt qu'un
grand montant dans un ou deux projets.' Elle a indiqué que
les exemples étaient nombreux où la Société
a réussi à soutenir des efforts de recherche grâce
à de petites sommes d'argent. La Société est
capable de fournir aux scientifiques des sommes d'argent leur permettant
de poursuivre leurs travaux en attendant des subventions plus importantes,
comme celles des Instituts de recherche en santé du Canada
(IRSC), et de leur éviter ainsi la fermeture temporaire de
leur laboratoire.
Selon
le Dr Denovan-Wright, la résolution du mystère de
la maladie de Huntington est un problème international et
la Société Huntington du Canada joue un rôle
essentiel dans ce sens.
À
l'aide d'un projecteur ACL, le Dr Truant a ébahi l'assistance
avec des images vidéo d'agrégats de protéines
toxiques qui se forment dans les cellules cérébrales,
menant à leur destruction.
Le
Dr Truant essaie de comprendre comment la huntingtine, une protéine
toxique sécrétée par le gène mutant
à l'origine de la maladie de Huntington, entre dans le nucléus
de la cellule cérébrale et de découvrir si
le fait d'empêcher cette protéine d'entrer dans le
nucléus aura un effet sur la destruction cellulaire chez
les patients atteints de la maladie de Huntington. À l'aide
de deux microscopes hautement performants (coûtant l'un près
de 400 000 $ et l'autre 250 000 $), le Dr Truant a pu observer la
huntingtine mutante à l'uvre dans des neurones vivants
(cellules cérébrales). Son travail est très
important dans la compréhension du fonctionnement de la huntingtine
mutante et de son interaction avec les autres cellules du cerveau..
Le
Dr Truant a également pris le temps de reconnaître
l'importance de l'appui financier, tel que la subvention de la Coalition
NAVIGATOR qu'il a reçue de la Société Huntington
du Canada. Et il a conclu : 'Les laboratoires comme le mien ne sauraient
fonctionner sans l'appui d'organisations telles que la Société
Huntington.'
La
conférencière clé du forum était la
Dr Marcy MacDonald, qui a commencé son exposé par
le souvenir de sa première rencontre avec le fondateur de
la Société Huntington du Canada, Ralph Walker. 'Ralph
Walker m'avait recrutée. Je l'ai rencontré lors d'un
réunion et il m'a dit "Vous n'avez pas un accent américain!"
"C'est parce que je ne suis pas américaine, lui ai-je
répondu, je suis née à Larder Lake, au nord
de l'Ontario..." Il m'a alors dit "Vous savez quoi, vous
pouvez continuer à travailler aux É.?U., mais vous
devez travailler avec nous." Et j'ai répondu "Tout
ce que vous voulez Ralph".'
Le
Dr MacDonald a expliqué que la recherche d'un remède
à la maladie de Huntington est un cycle qui peut être
divisé en quatre phases :
-
premièrement, il faut faire une description exacte de la
maladie qui guidera la recherche
- deuxièmement,
il faut identifier la cause génétique de la maladie
afin que les chercheurs sachent quel est réellement le
problème
- troisièmement,
il faut décrire et comprendre comment la protéine
huntingtine mutante mène en réalité à
la destruction des cellules cérébrales chez les
patients atteints de la MH
- quatrièmement,
il faut mettre au point un produit qui changera la vie des personnes
atteintes de la MH.
Aujourd'hui,
la recherche a atteint la troisième phase du cycle, et approche
de la quatrième phase. Pour chacune des phases, le Dr MacDonald
a parlé de ce que l'on sait déjà sur la maladie
de Huntington et de ce que les chercheurs s'efforcent de découvrir.
Elle a également insisté sur certains points que la
communauté Huntington du Canada doit garder à l'esprit.
Expansion
du triplet CAG et âge de l'apparition de la maladie
'Il
est très difficile de prédire l'âge exact de
l'apparition de la maladie chez chaque personne. La raison en est
très importante et très prometteuse.' Si la répétition
augmentée du triplet CAG résulte en un intervalle
de 20 ans pour l'apparition des symptômes, d'autres facteurs
doivent également affecter le moment où ces symptômes
vont commencer. De l'avis du Dr MacDonald 'il existe donc des gènes,
des médicaments et des facteurs environnementaux qui entrent
dans l'équation et affectent le début de la maladie.
Ce sera très utile : de bons gènes contre de mauvais
gènes, un mode de vie sain contre un mode de vie malsain
ou simplement la chance contre la malchance. Nous serons en mesure
de repousser l'âge de déclenchement de la maladie.'
Que
veut dire ce qui précède?
Selon
le Dr MacDonald, il existe beaucoup de facteurs autres que la répétition
augmentée du triplet CAG qui influent sur le temps de déclenchement
des symptômes. Certains de ces facteurs sont environnementaux,
comme de bien manger, de faire de l'exercice, de minimiser le stress
et d'essayer de rester impliquer dans son entourage. Chacune de
ces actions contribue à retarder le début de la maladie.
Les
résultats importants découlent de petites choses
Le
Dr MacDonald a noté que la différence entre un gène
mutant qui produit la huntingtine et un gène normal est minime.
Elle a ajouté : 'La différence est infime ce qui nous
laisse espérer que lorsque nous comprenons le fonctionnement
de la protéine mutante nous serons en mesure de corriger
le problème. L'action ne semble pas si compliquée
que cela.'
Dans
le scénario idéal du Dr MacDonald, il s'agit de découvrir
d'abord la première chose que la protéine mutante
fait dans la cellule, causant la réaction en chaîne
d'événements nocifs qui mènent à la
destruction de la cellule. 'Donc, si nous pouvons agir sur la protéine
huntingtine et sur sa première action dans la cellule, nous
aurons une chance d'arrêter le processus avant qu'il n'y ait
une infinité de conséquences fâcheuses.'
Les
personnes MH peuvent s'aider eux?mêmes
'L'enrichissement
environnemental c'est lorsqu'on prend des souris MH - il s'agit
d'animaux extrêmement malades - et on leur donne des bidules
pour qu'elles jouent avec dans leur cage. Ça peut être
des rouleaux de papier hygiénique, des morceaux de plastique,
de petites roues, etc., soit des choses qui rendent leur vie plus
intéressante. Cela augmente leur espérance de vie
de la même manière que la minocycline, la créatine
et autres traitements. Je pense qu'il s'agit là d'un message
important : une bonne journée peu créer tout un changement.'
Que
veut dire ce qui précède?
La
recherche a montré que les souris MH qui sont encouragées
à bien vivre - bien manger, bien dormir, faire de l'exercice
- vivent plus longtemps que les souris MH qui ne font pas ces choses
là. En fait, le Dr MacDonald estime que l'effet positif de
ces activités est du moins aussi efficace dans le retard
de la maladie que les traitements à la créatine et
à la minocycline.
Le
traitement, une réalité
'J'aimerais
vous laisser avec une pensée que Eileen et Ray ont également
suscitée : la recherche progresse à une allure beaucoup
plus rapide qu'aucun d'entre nous n'aurait imaginé et nous
avons produit des avancées qui prouvent qu'il est certainement
possible de vaincre cette maladie.'
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