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Du clonage du gène à la découverte du remède

Présentation faite par le Dr Susan Andrew au congrès annuel de 2003

par Julie Stauffer

Dans le dernier numéro de Horizon nous avons passé en revue deux des présentations faites à la table ronde science et recherche de 2003. La dernière conférencière était le Dr Susan Andrew, professeure adjointe en génétique médicale à l'université de l'Alberta.

Le Dr Andrew a reçu sa première bourse de recherche de la Société Huntington du Canada alors qu'elle préparait son doctorat, dans le laboratoire du Dr Michael Hayden. La SHC poursuit son appui au travail du Dr Andrew dans les domaines des protéines de réparation de l'ADN et des répétitions CAG. Plutôt que de parler de ses travaux de recherche, le Dr Andrew a préféré passer en revue les récents progrès impressionnants accomplis par la recherche sur la MH.

La première percée qu'elle a décrite est la mise au point d'un modèle de rat MH. Les modèles animaux sont essentiels à l'étude de la fonction de la protéine MH et aux tests des traitements possibles avant de procéder aux essais sur les humains. Par exemple, nous avons testé l'antibiotique minocycline chez la souris. Les résultats étaient prometteurs : la minocycline a retardé la destruction des cellules et le déclenchement de la maladie chez les souris sans causer d'effets secondaires nocifs. Nous avons donc entamé et nous poursuivons des essais sur des sujets humains. Bien que nous ayons développé un nombre de modèles de souris MH, le modèle de rat sera encore plus utile dans l'essai de médicaments pouvant retarder le déclenchement de la maladie de Huntington vu que nos connaissances sur le cerveau du rat et sur son comportement sont plus avancées que nos connaissances sur la souris.

Au cours de 2003, nous avons acquis de nouvelles connaissances sur l'effet de la protéine MH sur les cellules du cerveau. L'une des clés d'un fonctionnement normal de la cellule cérébrale est un organite appelé vésicule synaptique qui contient des neurotransmetteurs chargés de transmettre le message nerveux d'une cellule du cerveau à l'autre. Une nouvelle recherche a montré que les cellules MH contiennent moins de vésicules synaptiques que les cellules normales et que la protéine MH mutante empêche la libération des neurotransmetteurs.

Également, nous avons appris davantage sur les facteurs influençant l'âge de déclenchement de la maladie. Nous savons que plus le nombre de répétitions CAG est élevé chez un patient, plus la maladie risque d'apparaître à un jeune âge. Et ce n'est pas tout! Les recherches ont permis d'identifier trois nouvelles régions chromosomiques qui influencent le déclenchement de la MH. Il s'agit à présent de trouver les gènes responsables dans ces régions, ce qui donnera, on l'espère, des indices permettant de retarder ou de prévenir le déclenchement de la maladie. Grâce à des données fournies par le projet du génome humain, le Dr Andrew pense que ces gènes clés seront vite découverts.

Un traitement prometteur contre la maladie de Huntington a été découvert accidentellement lorsque des chercheurs se sont rendu compte que le "rouge Congo", un colorant scientifique, pouvait empêcher la protéine MH de se lier à elle-même et de déclencher ainsi la mort cellulaire. D'autres recherches ont montré que le rouge Congo permettait aux souris MH de vivre plus longtemps et d'avoir moins de symptômes. À présent, les chercheurs essaient de modifier le colorant afin de lui permettre de franchir la barrière hémato-encéphalique et de pouvoir commencer des essais sur les humains.

Finalement, la Dr Andrew a parlé de l'ARN interférence, qui est une nouvelle façon prometteuse d'arrêter l'expression d'un gène en particulier. L'ARN est un intermédiaire entre l'ADN et la protéine. Un ARN spécial peut être conçu afin de se coller à l'ARN MH et de l'empêcher de transformer l'ADN en protéines. Ainsi, on arrivera à mettre en sommeil le gène MH mutant sans affecter le gène MH normal qui, lui, est essentiel à la survie des cellules cérébrales.

Arrêter la MH est une méchante bataille. Selon le Dr Andrew, nous avons fait du chemin dans la compréhension de cette maladie. En 1965, l'année de naissance du Dr Andrew, seulement 10 communications scientifiques avaient été publiées sur la maladie de Huntington.

Aujourd'hui, plus de 5 000 communications scientifiques révisées par des pairs ont été publiées. Les chercheurs se concentrent sur les fonctions de la protéine MH normale et lesquelles de ces fonctions manquent chez la protéine mutante. Une autre question importante à laquelle il faudra répondre est de savoir pourquoi la mort cellulaire survient dans certaines parties du cerveau. Les chercheurs dans des laboratoires partout au monde travaillent à la découverte de ce qui peut être fait afin de prévenir ou de retarder la mort cellulaire en présence de la maladie de Huntington.

«2003 était une année de percées dans la recherche sur la MH, et de nouvelles connaissances sur les traitements pouvant retarder le déclenchement de la maladie ou réduire le taux de mortalité cellulaire, a conclu le Dr Andrew. J'espère que 2004 sera porteuse d'encore plus de réussites et d'un remède à cette maladie.»

 

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