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Remise
des bourses de recherche de la Société Huntington
Dans
le cadre du concours de l'automne 2003, le Conseil de recherche
de la Société Huntington du Canada a approuvé
six nouvelles bourses de recherche. Ces bourses sont remises au
titre de trois programmes.
Bourses
de recherche NAVIGATOR
Montant de la subvention : 50 000 $ pour chacune des deux années.
Ces subventions sont remises à des chercheurs principaux
qui travaillent sur des projets dans le domaine de la MH. Les lauréats
de cette bourse sont les Drs Michael Hayden et Janice Braun.
Bourses
du Fonds Laura's Hope
Montant de la subvention : 50 000 $ pour chacune des deux années.
Les bourses du Fonds Laura's Hope sont attribuées aux chercheurs
dont le travail, au stade d'essais cliniques ou pré-cliniques,
est axé sur l'avancement de la recherche d'un remède
pour la MH. Les premières subventions du Fonds Laura's Hope
ont été remises aux Drs Blair Leavitt et Eileen Denovan-Wright.
Bourses
d'études Jalon de recherche
Montant de la subvention : 20 000 $ pour chacune des deux années,
avec possibilité de renouvellement pour une troisième
année. Ces bourses sont remises à des étudiants
au niveau du doctorat ou à des étudiants post-doctoraux
qui travaillent sur un projet de recherche sur la MH. Deux subventions
ont été remises, à Herman Fernandez et à
Haibei Hu. De plus amples renseignements sur les programmes de subvention
de la SHC se trouvent sur le site Web de la Société,
à <www.hsc-ca.org>. Voici un sommaire de chaque nouveau
projet de recherche. -IH
Dr
Blair R. Leavitt
Université de la Colombie Britannique
Modulation des niveaux de la huntingtine comme approche thérapeutique
possible en présence de la maladie de Huntington
Les
personnes atteintes de la maladie de Huntington possèdent
deux types de la protéine huntingtine dans leurs cellules
cérébrales : la forme normale, qui est produite par
le gène MH normal, soit le gène de type sauvage qui
possède un nombre de répétitions CAG normal,
et la forme mutante de la protéine, produite par une copie
du gène MH présentant une expansion du nombre de répétitions
CAG. Un grand nombre de projets de recherche portent sur la huntingtine
secrétée par le gène mutant, qui cause en fin
de compte la mort cellulaire, mais on connaît peu sur le fonctionnement
de la huntingtine normale.
La
forme normale de la huntingtine semble produire l'effet inverse
: elle protège les cellules du cerveau de la mort. Ce qui
est encore plus intéressant est que le Dr Leavitt a démontré
que le nombre accru de protéines huntingtines normales dans
une cellule MH peut bloquer certains des effets toxiques de la huntingtine
mutante.
Le
Dr Leavitt compte examiner de plus près le fonctionnement
de la huntingtine normale et la possibilité d'en faire un
traitement efficace contre la MH. Il étudiera les effets
de l'augmentation et de la baisse des niveaux de la huntingtine
normale dans les cellules cérébrales et essayera d'identifier
la partie spécifique de la protéine qui empêche
la mort des cellules.
Ensuite,
au moyen de souris MH spécialement élevées
à cette fin, le Dr Leavitt tentera de découvrir si
les souris MH ayant des niveaux élevés de huntingtine
normale présenteront moins de symptômes que les souris
présentant de faibles niveaux. La recherche s'étendra
sur plusieurs années mais pourra aboutir à d'importantes
nouvelles approches pour le traitement de la maladie de Huntington.
Dr
Michael Hayden
Université de la Colombie Britannique
Rôle de la phosphorylisation de la huntingtine à la
sérine 421 (pS421) par l'Akt dans la pathogenèse de
la MH
Tout
comme le Dr Leavitt, le Dr Hayden s'intéresse au rôle
de la huntingtine dans la croissance et la survie des cellules.
Il pense que l'un des facteurs clés est la phosphorylisation,
soit le processus par lequel la protéine est modifiée
en y ajoutant du phosphate. Le Dr Hayden a étudié
la phosphorylisation de la huntingtine par une enzyme spécifique,
l'Akt (connue également sous le nom de protéine kinase
B).
Le
Dr Hayden pense que ce processus de phosphorylisation est important
pour le bon fonctionnement de la huntingtine. Ceci mène à
une importante question : la phosphorylisation de la huntingtine
est-elle altérée dans la forme mutante de la protéine
huntingtine produite par le gène de la MH? Si oui, cela pourra
représenter une explication de la mort des cellules cérébrales
en présence de MH.
Beaucoup
reste à apprendre. Le Dr Hayden examinera un nombre de facteurs
qui pourraient influencer la phosphorylisation de la huntingtine
ainsi que l'effet de la phosphorylisation sur les cellules cérébrales
MH. Par exemple, chez la souris MH, il étudiera si la forme
mutante de la huntingtine est moins phosphorylisée que la
forme normale de la protéine. Il pourra ainsi confirmer si
la phosphorylisation est nécessaire à la protection
des cellules cérébrales contre la mort et étudiera
l'interaction entre la huntingtine phosphorylisée et les
autres protéines à l'intérieur de la cellule.
Cette
étude est au stade préliminaire mais elle représente
une voie prometteuse pour la prévention des cellules cérébrales
contre la mort en présence de la MH.
Dr
Eileen Denovan-Wright
Université Dalhousie
Réduction de la huntingtine mutante chez la souris transgénique
au moyen de ribozymes anti-huntingtine et de siRNA
Il
est à présent clair que la huntingtine mutante, soit
la protéine sécrétée par le gène
MH, est responsable de la mort des cellules cérébrales
chez les personnes atteintes de la maladie de Huntington. Donc,
si nous arrivons à trouver le moyen de prévenir la
formation de la protéine, nous pourrons empêcher la
maladie de se propager.
Voilà
en bref le fondement de la recherche menée par le Dr Denovan-Wright.
Elle croit que la solution peut se trouver dans l'ARN messager qui
utilise des données codées dans le gène de
la MH afin de former la protéine mutante.
Le
Dr Denovan-Wright et ses collègues ont déjà
mis au point deux outils afin d'effectuer le travail. L'un de ces
outils est un ensemble de ribozymes anti-huntingtine, des enzymes
qui détruisent spécifiquement l'ARN messager produisant
la huntingtine mutante. L'autre outil est une molécule spéciale
appelée siRNA (ARNs double brins synthétiques) qui
peut décomposer l'ARN messager.
Un
volet du projet de Dr Denovan-Wright consiste à injecter
un virus inoffensif contenant des ribozymes et du siRNA dans le
cerveau de souris MH. Le virus contaminera chaque cellule, livrant
ainsi les outils destructeurs de l'ARN messager. Elle surveillera
ensuite les signes de la MH chez ces souris. Si l'hypothèse
est correcte, le traitement ralentira la progression de la MH. Et
si le traitement est efficace chez la souris, les ribozymes et le
siRNA pourraient servir à la lutte contre la MH chez les
sujets humains.
Haibei
Hu
Université Dalhousie
Les ribozymes le siRNA dans le traitement de la maladie de Huntington
Haibei
Hu est étudiante au doctorat dans le laboratoire du Dr Eileen
Denovan-Wright. Son projet de recherche est également axé
sur les ribozymes le siRNA. Les études préliminaires
ont montré que ces molécules arrêtent la formation
de la protéine huntingtine mutante en bloquant l'action de
l'ARN messager. Toutefois, il nous reste beaucoup à apprendre
au sujet de ce processus. Madame Hu espère apporter certaines
réponses.
D'abord,
elle se concentrera sur les doses et les durées en essayant
de découvrir quelles quantités de ribozymes et de
siRNA sont requises afin de bloquer l'ARN messager et quelle est
la durée nécessaire à cette fin. Parallèlement,
elle mettra à l'épreuve différents types de
ribozymes et de siRNA pour trouver le type le plus efficace.
En
théorie, le blocage de l'ARN messager devrait empêcher
les étapes suivantes du processus de la mort cellulaire,
mais il importe de constater concrètement ce fait. Mme Hu
mesurera le niveau des diverses molécules à l'intérieur
des cellules qui sont affectées par la huntingtine mutante
afin de s'assurer de l'effet des ribozymes du siRNA. Finalement,
si elle obtient de bons résultats à ce stade-là,
elle répètera ces essais sur un modèle animal,
la souris MH, en utilisant les ribozymes et le siRNA qui étaient
les plus efficaces dans les essais en tube.
Herman
Fernandes
Université de la Colombie Britannique
Modulation du récepteur NMDA et de la fonction mitochondriale
par la huntingtine mutante chez un modèle de souris transgénique
MH
Herman
Fernandes est un étudiant du deuxième cycle qui examine
un récepteur de la membrane des cellules cérébrales,
le récepteur NMDA, ayant pour fonction de faciliter la transmission
des messages à l'intérieur du cerveau.
Voici
ce qu'il en est : lorsqu'une cellule du cerveau voisine est excitée,
elle sécrète une molécule appelée glutamate
qui se lie au récepteur NMDA. Ce récepteur répond
en permettant aux ions calcium de se répandre dans la cellule,
générant ainsi un signal qui commande à la
cellule d'effectuer un nombre de ses fonctions normales. Dans ce
cas, les ions calcium agissent en tant que messagers, indiquant
à la cellule ce qu'il faut faire en réponse au message
reçu.
Toutefois,
lorsqu'une cellule du cerveau est touchée par la maladie
de Huntington, la huntingtine mutante rend le récepteur NMDA
très sensible ce qui fait qu'un grand nombre d'ions calcium
entrent dans la cellule. Ce fait déclenche une série
d'événements qui pourraient finir par causer la mort
de la cellule. M. Herman effectuera des tests afin de dévoiler
certains détails de ce processus et d'identifier peut-être
les moyens de l'empêcher.
Il
comparera des cellules normales à des cellules MH pour constater
comment la huntingtine mutante affecte les récepteurs NMDA.
Il mesurera également les changements dans les niveaux du
calcium à l'intérieur des cellules et analysera leur
effet sur les mitochondries, qui produisent l'énergie nécessaire
à la survie des cellules.
Dr
Janice Braun
Université de Calgary
Association des canaux calciques de type N avec la huntingtine-exp
et la huntingtine-nonexp
La
protéine huntingtine, en plus de son implication dans la
réception des messages de cellules voisines, sujet que Herman
Fernandes tend d'approfondir, semble également concernée
par la transmission de messages à d'autres cellules du cerveau.
Le
laboratoire du Dr Braun a découvert que la huntingtine normale
se lie aux canaux calciques de type N qui se trouvent sur la membrane
cellulaire. Lorsqu'un signal électrique est transmis à
travers une cellule cérébrale, ces canaux s'ouvrent
permettant aux ions calcium de se répandre dans la cellule.
Les ions calcium jouent un rôle important dans la libération
de neurotransmetteurs, qui transmettent le signal aux cellules avoisinantes
dans le cerveau.
Le
Dr Braun croit que la huntingtine se lie aux canaux calciques de
type N et veut apprendre davantage à ce sujet. Elle aura
recours à un nombre de techniques de biologie moléculaire
et de biochimie afin de découvrir des détails tels
que comment la huntingtine se lie aux canaux calciques et si d'autres
protéines entrent en jeu.
La
prochaine étape consiste à découvrir si la
forme mutante de la protéine huntingtine affecte la fonction
normale des canaux calciques de type N. Le cas échéant,
il serait possible de traiter la MH en mettant au point un médicament
qui empêcherait la huntingtine mutante de se lier à
ces canaux calciques.
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