Innovation en matière de recherche

extrait de Horizon #100

Des chercheurs de l’Université de la Colombie-Britannique ont utilisé la souris transgénique YAC (chromosome artificiel de levure), mise au point dans le laboratoire du Dr Michael Hayden, pour découvrir que la version normale de la protéine huntingtine, appelée protéine «de type sauvage», peut protéger les cellules des effets toxiques de la huntingtine mutante.

Le Dr Blair Leavitt et ses collègues ont travaillé sur des souris YAC72, qui expriment à la fois des protéines huntingtines mutantes et divers niveaux de protéines endogènes (ou de type sauvage). Ils ont découvert que l’expression de la huntingtine dans les tissus cérébraux et les testicules atteint de très hauts niveaux.

La destruction des cellules testiculaires est massive chez les souris qui expriment seulement la huntingtine mutante (aucun type sauvage). Également, ces souris sont stériles, ne produisent pas de sperme et souffrent d’atrophie des testicules. Cependant, selon le Dr Leavitt, lorsque des protéines de type sauvage sont présentes en plus fortes quantités, les souris se développent normalement sans présenter une augmentation de la destruction des cellules testiculaires. Chez les souris YAC46 (qui présentent un nombre plus réduit de polyglutamines que le modèle YAC72), la destruction cellulaire est moins importante en général.

L’augmentation des niveaux de protéines de type sauvage semble avoir un plus grand effet dans la prévention de la destruction cellulaire. Les souris YAC qui expriment la huntingtine avec 18 séquences de polyglutamine ne souffrent d’aucune destruction cellulaire, même en l’absence du type sauvage de la huntingtine.

Les présents résultats sont d’une grande importance. D’abord, ils soulignent le lien entre la longueur des séquences de polyglutamine et la destruction cellulaire. Ensuite, et c’est ce qui importe selon le Dr Leavitt, ils fournissent la première preuve directe que la huntingtine normale peut avoir un effet bénéfique dans la réduction de la destruction cellulaire en présence de la MH. — RM/BL


Voir Leavitt B., J. Guttman, G. Hodgson, G. Kimel, R. Singaraja, W. Vogl et M. Hayden (2001). Wild-type huntingtin reduces cellular toxicity of mutant huntington in vivo. Am J Hum Genet 68:313-324.