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Bonnes nouvelles sur la lutte contre la maladie de Huntington
Le 27 mars 2001

Cette semaine est porteuse davantage de bonnes nouvelles sur la lutte contre la maladie de Huntington.

Le 23 mars, la prestigieuse revue Science a publié un article par le Dr Christopher Ross, de la John Hopkins University School of Medicine, et ses collègues de la Niigata University, au Japon. Dans cet article, les chercheurs annoncent la découverte d’une explication possible à la destruction des cellules cérébrales en présence de la maladie de Huntington (MH).

Le Dr Ross a découvert qu’une protéine essentielle à la survie des cellules est enlevée par la protéine défectueuse produite par le gène de la MH.

Le gène de la maladie de Huntington produit une protéine (huntingtine) contenant un grand nombre d’unités d’un acide aminé appelé glutamine. Il semble que cette prolifération de glutamines empêche la huntingtine de fonctionner normalement, ce qui conduit à des interactions avec d’autres protéines dans les cellules cérébrales, menant en fin de compte à la destruction des cellules.

La huntingtine produit des agrégats protéiques, ou regroupements de protéines, dont le rôle dans la destruction des cellules est un élément clé de la recherche sur la MH. Le Dr Ross vient de démontrer que ces agrégats protéiques «décampent» en fait avec d’autres protéines essentielles à la survie des cellules.

Plus précisément, le Dr Ross et ses collègues se sont penchés sur une protéine appelée CBP (protéine se liant au CREB). Le CBP joue un rôle essentiel à la survie des cellules et contient une courte chaîne des glutamines qui se trouvent en profusion chez les sujets atteints de la maladie de Huntington. À l’aide de modèles de cellules, les chercheurs ont montré que le CBP est enlevé par la huntingtine, attiré vers les agrégats protéiques et éloigné de sa place normale au sein de la cellule.

Ainsi, le CBP ne peut plus accomplir sa fonction vitale pour la cellule. Ces découvertes ont été reflétées dans le modèle de souris MH et dans les tissus prélevés sur des sujets MH décédés.

La nouvelle la plus encourageante est la découverte faite par le Dr Ross dans les modèles de cellules : l’accroissement de l’expression du CBP empêche la destruction des cellules.

Ces résultats représentent une autre importante percée dans notre compréhension des causes de la destruction cellulaire en présence de la MH. Il semble donc que la destruction des cellules n’est pas due aux agrégats protéiques eux-mêmes mais plutôt à l’interaction de ces agrégats avec le CBP et, très probablement, avec d’autres protéines dans les cellules cérébrales. Ces interactions, selon le Dr Ross, pourront faire l’objet de prochaines thérapeutiques. Et c’est ce qui compte!

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